Assurance vie : pour favoriser vos enfants, privilégiez votre conjoint !
Depuis la loi TEPA, il n’y a plus de droits de succession entre Ă©poux. Quel intĂ©rĂŞt alors de nommer son conjoint bĂ©nĂ©ficiaire d’un contrat d’assurance vie ? Un double intĂ©rĂŞt.
Alors que le gouvernement fait feu de tout bois pour rogner sur les dernières niches fiscales, l’assurance vie conserve tous ses atouts. Mieux : depuis la loi TEPA qui a supprimĂ© les droits de succession entre conjoints, le « placement prĂ©fĂ©rĂ© des Français » offre mĂ©caniquement un nouvel avantage : celui de transmettre Ă ses enfants, voire Ă des tiers, un capital totalement exonĂ©rĂ© d’impĂ´ts, autrement dit sans devoir payer les 20 % de prĂ©lèvements au-delĂ des l’abattement de 152 500 € sur le capital dĂ©cès. De quelle manière ? Grâce au dĂ©membrement de la clause bĂ©nĂ©ficiaire.
« Coup double »
Le principe est relativement simple. Au lieu de désigner des bénéficiaires de premiers et seconds rangs du capital décès, le souscripteur nomme son conjoint usufruitier (quasi-usufruitier pour les puristes) et un ou plusieurs nus-propriétaires, généralement ses enfants.
Prenons le cas du souscripteur d’un contrat d’assurance vie qui place 500 000 € en dĂ©signant son Ă©pouse usufruitière du capital dĂ©cès et son fils unique nu-propriĂ©taire.
Au dĂ©cès du souscripteur, l’Ă©pouse touche le capital et ses intĂ©rĂŞts en franchise d’impĂ´ts selon la loi TEPA et en dispose Ă sa guise.
Au dĂ©cès de sa mère, le fils en sa qualitĂ© de nu-propriĂ©taire reçoit le capital sans payer le moindre impĂ´t, celui-ci incombant Ă l’usufruitière qui en a Ă©tĂ© exemptĂ©e ! A comparer aux 69 500 €* d’impĂ´ts que le fils aurait du dĂ©boursĂ© s’il avait Ă©tĂ© le bĂ©nĂ©ficiaire de premier rang.
« Capital croqué »
Mais que se passe-t-il si l’Ă©pouse a « croqué » tout le capital ne laissant que des miettes Ă son fils ? Dans ce cas, paradoxalement, c’est presque mieux. Le fils dispose alors d’une crĂ©ance sur la succession Ă©gale Ă la valeur du capital lĂ©guĂ© par son père. Cette crĂ©ance peut ĂŞtre un bien immobilier Ă condition qu’il soit inscrit en garantie sur l’acte de dĂ©membrement. On comprend ainsi tous les enjeux de ce principe qui permet par exemple de transmettre une maison « hors succession » Ă ses enfants, mais aussi Ă un tiers.
Sans passer par le dĂ©membrement, rappelons qu’un conjoint bĂ©nĂ©ficiaire peut se dĂ©sister du capital dĂ©cès d’un contrat d’assurance vie au profit d’un enfant dĂ©signĂ© au second rang. L’enfant profitera de l’abattement comme s’il avait Ă©tĂ© le premier bĂ©nĂ©ficiaire mais il n’Ă©chappera pas au 20 % de prĂ©lèvements. Sans ce dĂ©sistement, le capital serait entrĂ© dans la succession du « dernier vivant » et aurait Ă©tĂ© entièrement taxĂ©, Ă moins que le survivant ait eu moins de 70 ans au dĂ©cès de son conjoint et ait replacĂ© le capital dans un nouveau contrat !
« Le mieux ennemi du bien »
Pour reprendre notre cas et ĂŞtre jusqu’au-boutiste, il serait tentant que l’Ă©pouse, Ă la mort de son conjoint, replace le capital dĂ©cès sur un autre contrat d’assurance vie avec comme bĂ©nĂ©ficiaire son fils. Non seulement l’enfant obtiendrait une crĂ©ance sur la succession de sa mère mais il pourrait en plus bĂ©nĂ©ficier de la fiscalitĂ© avantageuse de l’Assurance Vie ! Mais le mieux Ă©tant l’ennemi du bien, surtout pour l’administration fiscale, cette opĂ©ration serait assimilĂ©e Ă un abus de droit… avec toutes les consĂ©quences fâcheuses que l’on imagine. Mieux vaut donc s’en tenir lĂ et profiter dĂ©jĂ de tous les atouts du dĂ©membrement de la clause bĂ©nĂ©ficiaire. Car un Ă©pargnant averti, mĂŞme « dĂ©membré », en vaut deux.
* ([500Â 000 - 152Â 500] X 0,20%).








